Maquettes
La réalisation des maquettes de deux importants éléments de la citadelle de Turin, le “ Pastiss ” et le “ Cisternone ”, fera partie d’un vaste projet d’étude des fortifications des Savoie promu par le Centro Studi, qui a déjà vu la création de cinq maquettes reproduisant respectivement le système des retranchements de l’Assiette (secteur occidental) tel qu’il se présentait pendant le mois de juillet 1747, le détail de la tête avancée de ces retranchements ou “Butte” des Grenadiers, le lendemain de la bataille du 19 juillet 1747, le Château de Cosseria et les zones limitrophes les 12 et 13 avril 1796, la place forte de Verrua avant le siège de 1704 et le fort d’Exilles dans la première moitié du XVIII siècle (fort Bertoliano).
Le même projet d’étude comprend également les publications de l’organisme et des posters représentant l’Assiette, Verrua et Exilles.

Le Pastiss
.La casemate dite Pastiss fut construite pour protéger le bastion San Lazzaro de la Citadelle de Turin sur la volonté du Duc Emmanuel Philibert de Savoie.
Erigé entre 1572 et 1574, cet ouvrage faisait partie d’un vaste programme demeuré inachevé. Suivant ce projet, les trois bastions de la forteresse orientés vers la campagne devaient être protégés par des casemates en mesure de neutraliser les attaques ennemies avant même que celles-ci n’atteignent la Citadelle proprement dite. La casemate du Pastiss, la seule réalisée, comportait un système de contre-mines pour bloquer la progression ennemie en sous-sol. Ce système, constitué par deux murs jumeaux séparés par un espace vide, atteignait la profondeur de la nappe phréatique (- 13,5 m).
Les parties de l’ouvrage situées en surface constituaient un ensemble trilobé muni de formidables chambres de combat sur deux niveaux et, sur le front de gorge, de canonnières destinées à une défense efficace dans le fossé du Bastion San Lazzaro.

 

Le Pastiss, un ensemble authentique de par la complexité et l’originalité de son architecture, fut partiellement détruit par les édifices bâtis entre le XIX et le XX siècles dans la zone indiquée sur la carte ci-contre.

Les locaux restants furent remplis avec la terre des excavations pour les fondations des bâtiments en question et, depuis 1976, les volontaires de l’association “Amici del Museo Pietro Micca” de Turin sont en train de les vider et de les restaurer sous la direction du Général Guido Amoretti, qui découvrit les vestiges du Pastiss en 1958, et de Piergiuseppe Menietti.

Le Cisternone (“La grande citerne”)
Le puits de la citadelle de Turin fut construit entre 1565 et 1567 d’après un projet de Francesco Paciotto da Urbino. L’objectif de ces travaux était de doter le nouveau polygone fortifié de Philibert d’une source d’eau afin de rendre l’approvisionnement hydrique pleinement autonome.

“ Le Cisternone avait été creusé jusqu’au niveau de la nappe phréatique et formait au fond un petit bassin où l’on pouvait faire abreuver les chevaux directement, grâce à deux rampes en colimaçon, symétriques, mais opposées l’une par rapport à l’autre de manière à ce que les animaux puissent descendre d’un côté et remonter de l’autre sans jamais devoir se croiser”. De dimensions grandioses, il s’agissait d’une structure architecturale ingénieuse. “La portion extérieure de deux étages au-dessus du sol se présente avec une façade articulée en deux ordres superposés, le plan inférieur étant rythmé par un élégant portique, formé par des arcs posés sur des piliers alternés avec d’étroites ouvertures architravées et le plan supérieur par un parapet quadrillé qui reprenait la séquence inférieure, et sur lequel était posée une élégante colonnade architravée, organisée par groupes de trois éléments placés au niveau des arcs. La couverture était constituée par un chevron de bois qui soutenait un toit annulaire à deux pans”.

En 1698, l’explosion de la plus grande poudrière de la citadelle frappée par la foudre la nuit du 20 août, entraîna la disparition totale de la partie aérienne du puits, qui ne fut plus reconstruite. La grande citerne disparut définitivement en 1799, semble-t-il pour y enterrer les morts de la garnison française, qui s’étaient rendue, après un siège extrêmement bref, aux forces austro-russes du général Suvorov. Le bombardement violent de la zone provoqua probablement d’autres dommages qui provoquèrent l’abandon définitif et le nivelage de la zone. Les travaux de démantèlement de la citadelle commencèrent en 1856 avec la progression de l’urbanisation. Riccardo Brayda, Inspecteur des Fouilles et Monuments de Turin, entreprit une enquête archéologique partielle du puits avant son comblement définitif survenu suite à la construction de l’école primaire "Monviso", en suite "Ricardi di Netro", via Valfrè (1898). A partir de 1995, des fouilles modernes ont permis d’accéder à nouveau à l’ancienne structure, dont le périmètre du mur a été révélé, ainsi qu’une partie de l’une des célèbres rampes hélicoïdales. Les résultats des fouilles ont confirmé qu’une restauration, partielle certes, de l’ouvrage était possible, pour en faire un musée. Pour ce faire, il faudra poursuivre les fouilles archéologiques qui pourront élargir notre connaissance de l’ouvrage, notamment en ce qui concerne l’espace interne de la véritable centrale, qui n’a pas encore été exploré. La maquette de la citerne telle que l’on suppose qu’elle se présentait en 1567 sera réalisée à l’échelle 1:50 par M. Giuseppe Siracusa maquettiste, sous la férule de l’archéologue Fabrizio Zannoni avec la collaboration de l’architecte Silvia Bertelli et le soutien historique et militaire de Guido Amoretti.