Publications

Au cours des années, le Centro Studi a promu diverses recherches qui ont abouti à des publications intéressantes sous le profil historique et architectural : Cosseria 1796. Guerra. Popolazione territorio, (Guerre. Population territoire) 1996, I trinceramenti dell’Assietta (les retranchements de l’Assiette). 1747-1997. A duecentocinquantanni dalla battaglia (deux-cent cinquante ans après la bataille), 1997, La scala di Pietro Micca (L’escalier de Pietro Micca). 1958-1998, 2000, La piazzaforte di Verrua (la place forte de Verrua), 2001, Dal forte di Exilles alle Alpi: storia e architettura delle fortificazioni di montagna (Du fort d’Exilles aux Alpes : histoire et architecture des fortifications de montagne), 2003, Il forte di Ignazio Bertola (le fort d’Ignazio Bertola), 1729 – 1745, 2003.

Les nouveaux projets prévoient une collection en quatre volumes sur les fortifications décrites par le Capitaine Antonio Paravia et un texte sur les galeries du canal de Caluso dans le tronçon de San Giorgio Canavese.

Collection du Capitano da Mar Antonio Paravia.

Auteur : Gen. Guido Amoretti
Editeurs: Guido Amoretti, Arch. Silvia Bertelli

Pier Alessandro Paravia, de la ville de Zara, fut professeur émérite d’éloquence auprès de l’Université Royale de Turin de 1837 à 1857. Chercheur et lettré insigne, pendant son long séjour dans la capitale subalpine, il sut se faire apprécier aussi bien à l’université que dans les cercles culturels turinois.
Il avait apporté avec soi de nombreux documents appartenant à son oncle Antonio, officier de marine de la République Sérénissime à la fin du XVIII siècle (pour l’essentiel des manuscrits de nature militaire et géographique) qu’il offrit parait-il à la Royale Académie Militaire de Turin (Regia Accademia Militare di Torino) en 1834.
La collection consiste en de nombreux documents iconographiques et écrits, non seulement sur des événements contemporains, mais aussi sur différents épisodes survenus dans la République de Venise aux XVII et XVIII siècles. Il y a également un certain nombre de cartes concernant les grands états européens à cheval entre deux siècles.

La Section plans, vues en perspective, dessins et cartes comprend plus de 150 documents iconographiques, presque tous réalisés à la main, à l’encre de chine et à l’aquarelle, qui embrassent une vaste série de pays et de lieux : une amplitude extra-nationale, européenne ou africaine. C’est la partie la plus intéressante de la collection, qui mérite une étude approfondie du fait de ses implications historiques continuelles et précises ; elle mérite également une expertise au niveau artistique.
Les 156 tables ont été réparties aussi bien par thème que géographiquement et seront traitées de manière exhaustive dans cinq numéros de la collection du Capitano da Mar Antonio Paravia:
1° Volume : La Serenissima Repubblica in Grecia (La République Sérénissime en Grèce) (49 images)
2° Volume: Isole dello Ionio sotto sovranità veneta (les îles ioniennes sous la souveraineté vénitienne) (38 images)
3° Volume: L’Italia del XVIII secolo (l’Italie du XVIII siècle) (41 images)
4° Volume: L’Europa del Settecento e la costa settentrionale d’Africa (L’Europe au XVIII siècle et la côte septentrionale de l’Afrique) (60 images)

Les volumes seront réalisés en cinq ans et seront distribués dans le Piémont, la Vénétie, et s’il est possible de les traduire en anglais, en Grèce.

Les dessins sont accompagnés d’une mise en fiches, effectuée par les architectes Nadia Pernaci et Salvatore Rosato et revue par le général Amoretti, qui décrit l’oeuvre du point de vue technique et symbolique.

Chaque Volume comportera une iconographie, une bibliographie, l’index des tables et la liste des sources ; le premier volume, notamment, sera enrichi d’une présentation approfondie de l’oeuvre et des photographies illustrant la volonté des turinois de conserver le souvenir de l’insigne Professeur.

Les galeries de San Giorgio Canavese de la Regia Bealera de Caluso

Auteurs : Dr. Aldo Actis Caporal, Gén. Guido Amoretti, Arch. Silvia Bertelli
Editeurs : Guido Amoretti, Silvia Bertelli

Les deux premiers chapitres retracent la vie du canal de Caluso avec de nombreux détails, qui permettent une étude interdisciplinaire de cet ouvrage : les projets, l’irrigation de la région du Canavese, les transferts de propriété, le traité de Câteau Cambrésis, la politique, les agrandissements, l’économie, la France, les Savoie et le Montferrat.

 

En 1556, Charles de Cossè, Maréchal de France, gouverneur du Piémont, seigneur de Brissac et de Stupinigi, décida d’acquérir le fief de Caluso. Celui-ci étant partiellement aride, il demanda au roi de France Henri III de construire un canal pour apporter l’eau de Spineto, hameau de Castellamonte, jusqu’à Caluso. Après obtention de la concession royale, Brissac commanda le projet correspondant à l’architecte de Vicence Francesco Orologi.
Les travaux furent achevés peu après la signature du traité de Câteau Cambrésis (3 avril 1559). La France, vaincue, fut condamnée à restituer les terres à Emmanuel Philibert qui récupéra le Duché de Savoie, et aux marquis de Montferrat, qui prirent Caluso.
Le canal se trouva donc partagé entre le Duc de Savoie et le Marquis du Montferrat. Ceux-ci étaient en effet les nouveaux seigneurs féodaux ; Brissac continuait de conserver la possession du canal et du fief de Caluso. En 1562, le maréchal préféra échanger ces terres contre d’autres, françaises, appartenant à la marquise Anne d’Alençon, grand-mère du duc de Mantoue.
Dès lors le canal appartint à un unique propriétaire, la famille Valperga di Masino, qui le céda au patrimoine royal en 1760.
Le Roi Charles Emmanuel III confia quelques travaux à l’architecte Bays. Il y eut plusieurs projets et de nombreuses discussions, mais les améliorations ne se firent pas attendre : rectification du lit du canal, deux galeries souterraines à San Giorgio (1764), prolongement jusqu’à la Mandria di Chivasso (1767), débit moyen porté de 8 à 31 ruote d’acqua (9 m3/sec), 5700 hectares de terrain irrigué, réfection de l’édifice à l’embouchure du canal et du barrage en pierre de Spineto (1781).
Le canal demeura la propriété de l’état de Savoie avec Napoléon, puis fut cédé en location à la Société Pastorale. De 1818 à 1865 il fut géré par l’administration de l’état puis loué à l’avocat Ferrero jusqu’au 31 décembre 1883, enfin, à partir du premier janvier 1884 au Consortium Gérant du Canal Domanial de Caluso, qui le gère actuellement.

Quelques données d’ordre général sur le canal : embouchure sur la rive gauche du fleuve Orco à Spineto, débit maximum 10,50 m3/sec, force motrice 2200 KW, longueur 28 km environ (de Spineto à la ferme Savonera), largeur moyenne 5 m, profondeur moyenne 1,5 m, territoire irrigué 7 000 ha environ, 77 dérivations.
Du Theatrum Sabaudiae il est possible d’observer comment, pour traverser les deux collines du couvent et du château de San Giorgio, l’on fit au départ un pont canal en bois sur la vallée du ruisseau Merdanzone, qui, au fil des années, se révéla peu intéressant du point de vue économique, les opérations d’entretien étant fort onéreuses.
Il y avait également une forte perte de puissance et d’eau, aussi bien sur le pont que sur les vastes anses du canal qui longeaient les deux collines. De plus, pour la Mandria de Chivasso il fallait augmenter l’afflux de l’eau de 8 à 31 ruote environ. Charles Emmanuel III adopta donc la solution proposée par l’architecte Bays.
Les travaux pour les galeries de San Giorgio (de 400 m l’une environ) se firent de décembre 1763 à l’été 1764, année inscrite également sur le sarizzo (pierre monumentale) de l’entrée monumentale du canal souterrain dit du Couvent. En effet, le 27 août 1764, le roi vint visiter l’ouvrage.
Dans un document de 1760 l’entrepreneur décrit les travaux à exécuter : l’extension totale des deux galeries est de 300 trabucchi
environ (un trabucco = 3,0825 m, c’est à dire 924,75 m au total), le terrain à creuser se compose de “tuf et éboulis, caillouteux et pétrifié”, la largeur de la galerie est de piedi 4 once 6 (2,28 m environ) pour contenir 10 ruote d’acqua, l’épaisseur des murs atteint 0,48 m, leur hauteur 1,20 m, son entrée se trouve à 95 m du Couvent des Frères Mineurs Observants sur la colline de San Giorgio et le débouché un peu au-dessus du pont du ruisseau Molinatto.

Il est donc possible de reconstituer les phases de construction de l’ouvrage grâce à une documentation archivistique et iconographique riche.
Les tunnels ont également été décrits par des écrivains tels que Ignazio Michela, Felice Amato Duboin, Camillo Boggio, Antonio Bertolotti et Goffredo Casalis.